PAS MEME UN FIL

 

Je ne prendrai rien de tout ce qui est à toi, pas même un fil ni une bride de sandale, pour que tu ne puisses pas dire : J’ai enrichi Abram.  (Genèse 14.23)

 

Lecture proposée : (Genèse 14)

Genèse 14 (Segond 21)

Bénédiction d'Abram par Melchisédek

1 Durant leur règne, Amraphel, roi de Shinear, Arjoc, roi d'Ellasar, Kedorlaomer, roi d'Elam, et Tideal, roi de Gojim, 2 firent la guerre à Béra, roi de Sodome, à Birsha, roi de Gomorrhe, à Shineab, roi d'Adma, à Shémeéber, roi de Tseboïm, et au roi de Béla, c'est-à-dire Tsoar. 3 Ces derniers s'étaient tous rassemblés dans la vallée de Siddim, c'est-à-dire la mer Morte. 4 Pendant 12 ans ils avaient été soumis à Kedorlaomer, mais la treizième année ils s'étaient révoltés. 5 Cependant, la quatorzième année, Kedorlaomer et les rois qui étaient ses alliés se mirent en marche et battirent les Rephaïm à Ashteroth-Karnaïm, les Zuzim à Ham, les Emim à Shavé-Kirjathaïm 6 et les Horiens dans leur région montagneuse de Séir, jusqu'au chêne de Paran qui se trouve près du désert. 7 Puis ils repartirent, vinrent à En-Mishpath, c'est-à-dire Kadès, et battirent les Amalécites sur tout leur territoire, ainsi que les Amoréens installés à Hatsatson-Thamar. 8 Alors les rois de Sodome, de Gomorrhe, d'Adma, de Tseboïm et de Béla, c'est-à-dire Tsoar, s'avancèrent. Ils se rangèrent en ordre de bataille contre eux dans la vallée de Siddim: 9 contre Kedorlaomer, roi d'Elam, Tideal, roi de Gojim, Amraphel, roi de Shinear, et Arjoc, roi d'Ellasar. Ils étaient 4 rois contre 5.
10 La vallée de Siddim était couverte de puits de bitume. Le roi de Sodome et celui de Gomorrhe prirent la fuite et y tombèrent; le reste s'enfuit vers la montagne. 11 Les vainqueurs s'emparèrent de toutes les richesses de Sodome et de Gomorrhe et de toutes leurs provisions, puis ils s'en allèrent. 12 Ils s'emparèrent aussi, avec ses biens, de Lot, le fils du frère d'Abram, avant de s'en aller. C'est qu'il habitait à Sodome.
13 Un rescapé vint l'annoncer à Abram l'Hébreu. Celui-ci habitait parmi les chênes de Mamré l'Amoréen, un frère d'Eshcol et d'Aner. En effet, ils avaient fait alliance avec lui. 14 Dès qu'Abram apprit que son neveu avait été fait prisonnier, il arma 318 de ses plus braves serviteurs, nés chez lui, et il poursuivit les rois jusqu'à Dan. 15 Il divisa sa troupe pour les attaquer de nuit avec ses serviteurs. Il les battit et les poursuivit jusqu'à Choba, qui est au nord de Damas. 16 Il ramena toutes les richesses. Il ramena même son neveu Lot avec ses biens, ainsi que les femmes et le peuple.
17 Lorsque Abram revint de sa victoire sur Kedorlaomer et sur les rois qui étaient ses alliés, le roi de Sodome sortit à sa rencontre dans la vallée de Shavé, c'est-à-dire la vallée du roi.
18 Melchisédek, roi de Salem, fit apporter du pain et du vin. Il était prêtre du Dieu très-haut. 19 Il bénit Abram en disant:
«Qu'Abram soit béni par le Dieu très-haut,
le maître du ciel et de la terre!
20 Béni soit le Dieu très-haut
qui a livré tes ennemis entre tes mains!»
*Abram lui donna la dîme de tout.
21 Le roi de Sodome dit à Abram: «Donne-moi les personnes et prends pour toi les richesses.» 22 Abram répondit au roi de Sodome: «Je le jure, la main levée vers l'Eternel, le Dieu très-haut, le maître du ciel et de la terre: 23 je ne prendrai rien de tout ce qui t'appartient, pas même un fil ni un cordon de sandale, afin que tu ne puisses pas dire: ‘C'est moi qui ai enrichi Abram.' 24 Il n'y aura rien pour moi, sauf ce qu'ont mangé les jeunes gens et la part des hommes qui m'ont accompagné: Aner, Eshcol et Mamré. Eux, ils prendront leur part.»

 

 

Le philosophe grec Plutarque affirmait, dès l’Antiquité : « La grandeur d’âme inspire le mépris des richesses » (Les vies parallèles des hommes illustres, Plutarque, Grèce, 50-125 après Jésus-Christ). Sur la base de ce critère, il y a bien peu de grandeur d’âme dans notre monde. L’argent ne fait pas le bonheur, mais chacun veut en avoir quand même ! Et nombreux sont ceux qui rêvent de gagner à la loterie nationale…

 

D’après la lecture proposée, Abraham revenait d’une bataille où il avait délivré, entre autres, le roi de Sodome. Il aurait pu profiter de son statut de vainqueur pour « arrondir sa fortune ». Mais il montre un vrai désintéressement : par « grandeur d’âme », il laisse ce qui lui revenait. Il abandonne le butin de la guerre au misérable roi de Sodome, qui n’en valait pas la peine. Abraham voit plus haut. Héros de la foi cité dans la Lettre aux Hébreux, il se considère comme étranger et résident temporaire sur la terre. (Hébreux 11.8-16).[ 8 C'est par la foi qu'Abraham a obéi lorsque Dieu l'a appelé et qu'il est parti pour le pays qu'il devait recevoir en héritage. Et il est parti sans savoir où il allait. 9 C'est par la foi qu'il est venu s'installer dans le pays promis comme dans un pays étranger. Il y a habité sous des tentes, ainsi qu'Isaac et Jacob, les cohéritiers de la même promesse, 10 car il attendait la cité qui a de solides fondations, celle dont Dieu est l'architecte et le constructeur.
11 C'est aussi par la foi que Sara elle-même a été rendue capable d'avoir une descendance. Malgré son âge avancé, elle a donné naissance à un enfant parce qu'elle a cru à la fidélité de celui qui avait fait la promesse. 12 C'est pourquoi d'un seul homme, pourtant déjà marqué par la mort, est née une descendance
aussi nombreuse que les étoiles du ciel, pareille au sable qui est au bord de la mer et qu'on ne peut compter.
13 C'est dans la foi qu'ils sont tous morts, sans avoir reçu les biens promis, mais ils les ont vus et salués de loin, et ils ont reconnu qu'ils étaient étrangers et voyageurs sur la terre. 14 Ceux qui parlent ainsi montrent qu'ils cherchent une patrie. 15 S'ils avaient eu la nostalgie de celle qu'ils avaient quittée, ils auraient eu le temps d'y retourner. 16 Mais en réalité, ils désirent une meilleure patrie, c'est-à-dire la patrie céleste. C'est pourquoi Dieu n'a pas honte d'être appelé leur Dieu, car il leur a préparé une cité.]

 

Je crois qu’on ne peut avoir son désintéressement qu’en ayant bien conscience d’être seulement « de passage » sur la terre. Si nous sentons trop bien notre attachement matérialiste aux biens de toute nature (et quelle qu’en soit la valeur), posons-nous la question de ce que nous emporterons avec nous au Ciel. La réponse est évidente…

 

(Extrait des « Méditations Quotidiennes – Jean-Louis Théron)

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