TU ES CET HOMME !

 

Tu es cet homme-là !

(2 Samuel 12.7)

 

Lecture proposée : (2 Samuel 12.1-14)

1 L'Eternel envoya Nathan vers David. Il vint donc le trouver et lui dit: «Il y avait dans une ville deux hommes, l'un riche et l'autre pauvre. 2 Le riche avait des brebis et des bœufs en très grand nombre. 3 Le pauvre n'avait rien du tout, sauf une petite brebis, qu'il avait achetée. Il la nourrissait et elle grandissait chez lui avec ses enfants. Elle mangeait de son pain, buvait dans sa coupe et dormait contre lui. Il la considérait comme sa fille. 4 Un voyageur est arrivé chez l'homme riche, mais le riche n'a pas voulu toucher à ses brebis ou à ses bœufs pour préparer un repas au voyageur venu chez lui: il a pris la brebis du pauvre et l'a préparée pour l'homme qui était venu chez lui.»
5 La colère de David s'enflamma violemment contre cet homme et il dit à Nathan: «L'Eternel est vivant! L'homme qui a fait cela mérite la mort. 6 En outre il remplacera la brebis par 4 autres, puisqu'il a commis cet acte et s'est montré sans pitié.»
7 Nathan déclara alors à David: «C'est toi qui es cet homme-là! Voici ce que dit l'Eternel, le Dieu d'Israël: Je t'ai désigné par onction comme roi sur Israël et je t'ai délivré de Saül. 8 Je t'ai donné la famille de ton maître, j'ai mis ses femmes contre ta poitrine et je t'ai donné la communauté d'Israël et de Juda. Si cela avait été trop peu, j'y aurais encore ajouté. 9 Pourquoi donc as-tu méprisé la parole de l'Eternel en faisant ce qui est mal à mes yeux? Tu as tué par l'épée Urie le Hittite, tu as pris sa femme pour faire d'elle ta femme et lui, tu l'as tué sous les coups d'épée des Ammonites. 10 Désormais, puisque tu m'as méprisé et que tu as pris la femme d'Urie le Hittite pour faire d'elle ta femme, l'épée ne s'éloignera plus de ton foyer. 11 Voici ce que dit l'Eternel: Je vais faire sortir de ta propre famille le malheur contre toi et je vais prendre sous tes yeux tes propres femmes pour les donner à un autre, qui couchera au grand jour avec elles. 12 En effet, tu as agi en secret, mais moi, c'est en présence de tout Israël et en plein jour que je ferai cela.»
13 David dit à Nathan: «J'ai péché contre l'Eternel!» Nathan lui répondit: «L'Eternel pardonne ton péché, tu ne mourras pas. 14 Cependant, parce que tu as fait blasphémer les ennemis de l'Eternel en commettant cet acte, le fils qui t'est né mourra.»

Ce n’est pas le récit d’un païen et de sa route vers Dieu. L’histoire  aurait été poignante, mais sans nous toucher, nous. Mais c’est l’histoire d’un croyant. C’est notre histoire ; elle nous expose. Nous, les justes, les saints, nous sommes ce pécheur. Sans doute le sommes-nous rarement jusque dans cet abîme d’horreurs dans lequel David s’est laissé aller. Nous sommes des pécheurs souvent bien plus civilisés, plus propres. Mais nous le sommes de manière tout aussi secrète. Et la mort de l’autre, de l’Autre, en est toujours la conséquence.

 

Le récit du prophète fait exploser le roi. « Il mérite la mort », crie-t-il. Nous sommes ainsi. Capables d’exterminer les autres, des juges impartiaux, exemplaires. Nous connaissons la loi et nous ne manquons pas de courage pour l’appliquer… aux autres. Capables. Doués. Spécialistes. « Seigneur, laisse-nous gérer ton royaume ! ».

 

Nathan sait mieux. Dieu lui a révélé ce qui se passe. Comme un bon pasteur, il vient pour guérir. Il n’a pas besoin de perdre le roi. Celui-ci s’est déjà perdu tout seul. Mais pour le guérir, il doit l’amener du « il », de la justice à appliquer aux autres, au « je » : j’ai péché. Je suis cet homme. Le chemin qui conduit l’orgueilleux à l’humiliation est une thérapie de choc. Il en a toujours été ainsi envers les pharisiens. Tu es cet homme. Le doigt de Dieu doit atteindre notre cœur pour qu’il y ait un avenir.

 

(Extrait des « Méditations Quotidiennes – Egbert Egberts)

Ichtus (2)