LE VERITABLE BONHEUR

 

De quoi se plaignent les gens ?

 

Nous avons presque tout pour être heureux ! Il est difficile de comprendre que quelqu’un jouissant d’une santé parfaite, de revenus suffisants ou tout simplement de quoi se débrouiller, puisse se déclarer malheureux. Et pourtant ! Que nous manque-t-il pour être réellement comblés ?

 

En guise de réponse, nous retiendrons deux causes proposées par le philosophe Pascal Bruckner (L’euphorie perpétuelle, essai sur le devoir de bonheur, éditions livre de poche n° 15230) comme explication de l’insatisfaction actuelle.

 

LE TOUT, TOUT DE SUITE

 

L’idée de l’existence de Dieu et du paradis à venir rejetée, c’est maintenant et sur terre qu’il nous faut être heureux. Il importe de jouir sans entraves de tout et tout de suite. Du coup, le moindre désagrément, la moindre contrariété à ce bonheur que nous poursuivons de nos rêves, deviennent une montagne. Nous ne nous trouvons jamais assez beaux, assez riches, jeunes ou en bonne santé. D’où cette nécessité, relayée par la publicité et les médias, de « paraître bien dans sa peau », de penser toujours « positif » et de donner en toutes choses « LA PRIORITE AU PLAISIR ».

 

Malheur aux moches, pâles, bedonnants, vieux, timides, dépressifs ou impuissants. Malheur à tous ceux qui n’affichent pas tous les signes extérieurs de la réussite et du contentement. L’obligation du bonheur est devenue un tel fardeau, conclut le philosophe, que nous sommes devenus la société qui rend les gens malheureux… de ne pas être heureux.

 

LE REFUS DE LA SOUFFRANCE

 

Dans ce monde artificiel que nous nous fabriquons, il faut tout maîtriser ; elle et inacceptable ; elle est l’ennemi à abattre. D’où l’obsession de la santé qui nous occupe en permanence. La table du repas n’est plus seulement le lieu de partage et d’échange, mais un comptoir de pharmacie où l’on pèse minutieusement graisses et calories. La nourriture n’est plus seulement bonne ou mauvaise à notre goût,  mais saine ou malsaine pour notre santé. La société du « bonheur proclamé » devient peu à peu une société hantée par la détresse, talonnée par la peur de la mort, de la maladie, du vieillissement.

 

Quelle est votre définition du bonheur ? Recherchez-vous une euphorie immédiate, permanente, perpétuelle ? A une telle vision illusoire et faussée de la vie, le Livre des livres qui a traversé les siècles : la Bible, Parole du Dieu Créateur, oppose deux vérités.

 

LE BONHEUR PARFAIT N’EST PAS ICI BAS

 

Le monde présent est marqué par les conséquences du refus de Dieu par l’homme et soumis à la loi du péché et de la mort. Dès lors le mal faisant son œuvre, le parfait bonheur n’est plus de la partie.

 

Le roi Salomon, l’un des plus riches de tous les temps, comblé de tout ce que son cœur désirait, a fini frustré. Les sentences suivantes de la Bible (Ecclésiaste 2)* lui sont attribuées :

 

« j’ai entrepris de grands travaux. Je me suis bâti des maisons. Je me suis aménagé de magnifiques jardins, de vrais paradis (…) Je me suis procuré des esclaves et des servantes, du personnel domestique en grand nombre (…) J’ai amassé des quantités d’argent et d’or (…) J’ai eu autant de femmes qu’un homme peut désirer (…) Je fus plus puissant que tous ceux qui avaient vécu avant moi à Jérusalem (…). J’ai satisfait tous les désirs de mes yeux (…) Puis, j’ai considéré l’ensemble de mes réalisations, tous les travaux que ma main avait accomplis (…) Et je me suis rendu compte que tout n’était que vanité : autant courir après du vent ! »

 

Le bonheur dans ce monde ne peut être total. Il se présente plutôt par moments, par instants, que chacun d’entre nous doit apprendre à apprécier et savourer. « Le bonheur est, dit André Comte-Sponville, davantage dans « le savoir vivre » que dans « l’avoir tout ».

 

LE VRAI BONHEUR EST POURTANT A VOTRE PORTEE

 

Le bonheur en tant que réalité permanente n’est pas dans cette vie terrestre mais bien dans celle à venir. Jésus-Christ, l’homme qui fut sur terre le plus heureux et aussi le plus souffrant, a dit : « A quoi sert-il à un homme de gagner le monde entier, s’il perd son âme » ? Que donnerait un homme en échange de son âme ? » (Marc 8.36-37)

 

La grande question qui se pose à nous n’est pas de savoir si, ici-bas, nous aurions pu goûter à tout ce qui est possible et imaginable. Mais plutôt de nous assurer que notre âme, face à l’éternité qui s’ouvre inéluctablement à chacun de nous, est en paix et sereine et non dans le tourment. Un grand roi, le roi David pardonné disait : « Heureux l’homme à qui Dieu ne tient plus compte de sa faute » (Psaume 32.1-2). Le bonheur a un prix : celui de la sincérité de cœur, celui de l’aveu de ce que nous sommes devant Dieu.

 

Ce bonheur vrai, contrairement à tout autre bonheur fragile, est lui à notre portée ! Jésus-Christ nous l’offre car il en a payé le prix fort. Le don de sa vie juste rend possible notre pardon, notre paix avec Dieu, notre bonheur aujourd’hui et pour l’éternité. Voulez-vous, vous aussi, de ce vrai bonheur ?

 

Votre décision vous en ouvrira la porte, ou au contraire vous en privera. Choisissez maintenant la bonne part.

 

(Flyer de « Média Espérance » - Gilles Georgel)

 

*

Ecclésiaste 2 (Segond 21)

Le même sort pour tous

1 Je me suis dit dans mon cœur: «Allons! Essaie la joie et tu goûteras au bonheur!» J'ai constaté que cela aussi, c'était de la fumée. 2 J'ai traité le rire de folie et j'ai dit, à propos de la joie: «A quoi sert-elle?»
3 J'ai imaginé, dans mon cœur, de livrer mon corps au vin tout en me conduisant avec sagesse et de m'attacher à la folie jusqu'à ce que je voie ce qu'il est bon pour les humains de faire sous le ciel tout au long de leur vie. 4 Je me suis lancé dans de grandes entreprises: je me suis construit des maisons, je me suis planté des vignes, 5 je me suis fait des jardins et des vergers et j'y ai planté toutes sortes d'arbres fruitiers. 6 Je me suis fait des réservoirs pour arroser des pépinières. 7 J'ai acheté des serviteurs et des servantes; j'en ai eu d'autres, nés chez moi. J'ai aussi possédé des troupeaux de bœufs et de brebis, plus que n'importe qui avant moi à Jérusalem. 8 J'ai même amassé de l'argent et de l'or, les richesses des rois et des provinces. Je me suis procuré des chanteurs et des chanteuses et ce qui fait le plaisir des hommes: des concubines en quantité. 9 Je suis devenu grand, plus grand que n'importe qui avant moi à Jérusalem, sans rien perdre de ma sagesse. 10 Je n'ai rien refusé à mes yeux de tout ce qu'ils réclamaient, je n'ai privé mon cœur d'aucune joie. En effet, mon cœur était réjoui par tout mon travail, et c'est toute la part que j'en ai retirée.
11 Puis j'ai réfléchi à tout ce que mes mains avaient entrepris, à la peine que j'avais eue pour le faire, et j'ai constaté que tout n'est que fumée et revient à poursuivre le vent. Il n'y a aucun avantage à retirer
de ce qu'on fait sous le soleil.
12 J'ai réfléchi à ce qui caractérise la sagesse, la folie et la stupidité. – En effet, que fera l'homme qui succédera au roi? N'est-ce pas ce qu'on a déjà fait? – 13 J'ai vu que la sagesse a sur la folie le même avantage que la lumière sur l'obscurité: 14 le sage a ses yeux bien en place, tandis que l'homme stupide marche dans l'obscurité. Toutefois, j'ai aussi reconnu que le même sort est réservé à l'un et à l'autre, 15 et je me suis dit dans mon cœur: «J'aurai le même sort que l'homme stupide. A quoi m'a-t-il donc servi d'être plus sage que lui?» Et je me suis dit dans mon cœur: «C'est encore de la fumée.» 16 En effet, le souvenir que l'on garde du sage n'est pas plus durable que celui que l'on garde de l'homme stupide, puisque, dès les jours suivants, tout est oublié. Comment se fait-il que le sage meure tout comme l'homme stupide?
17 Alors j'ai détesté la vie. Oui, ce qui se fait sous le soleil m'a déplu, car tout n'est que fumée et revient à poursuivre le vent. 18 J'ai détesté tout le travail que j'ai accompli sous le soleil et dont je dois laisser la jouissance à l'homme qui me succédera. 19 Et qui sait s'il sera sage ou fou? Pourtant, il sera maître de tout mon travail, de tout le fruit de ma sagesse sous le soleil. Cela aussi, c'est de la fumée.
20 J'en suis venu à désespérer à cause de toute la peine que je me suis donnée sous le soleil. 21 En effet, un homme peut travailler avec sagesse, savoir-faire et succès, et il doit laisser le produit de son travail à un homme qui ne s'est donné aucune peine pour cela. Cela aussi, c'est de la fumée et c'est un grand malheur. 22 Oui, que retire l'homme de tout son travail et des préoccupations de son cœur, alors qu'il se donne tant de peine pour cela sous le soleil? 23 Ses journées ne sont toutes que souffrance et son activité n'est que chagrin. Même la nuit, son cœur ne connaît pas le repos. Cela aussi, c'est de la fumée.
24 Le seul bonheur, pour l'homme, consiste à manger, à boire et à se donner du plaisir dans son travail, mais cela aussi, je l'ai bien vu moi-même, dépend de Dieu. 25 En effet, qui peut manger et jouir de quelque chose, en dehors de moi? 26 Oui, à l'homme qui lui est agréable il donne la sagesse, la connaissance et la joie, mais au pécheur il réserve la tâche de récolter et d'amasser des biens afin de les donner à celui qui est agréable à Dieu. Cela aussi, c'est de la fumée et cela revient à poursuivre le vent.

Ichtus (2)