Le Chant des Âmes Nues

 

 

Le Chant des âmes nues

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Faisant voile seule sur les flots de l’oubli,

La risée du vent m’emporte au gré de l’errance.

Ainsi passe inexorable, le temps fuyant.

Mon sort se joue, violent, dans ses bras gémissant

Sous le regard suffisant de l’indifférence.

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Du loin provient le près, cet objet du voyage

De l’esprit et du cœur, il concerne le but :

Nourrir les dimensions de tous les élans bruts,

Germes de conscience extraits de leurs partages,

Sa vision est au Sud où il la sait affaiblie.

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D’un coin du ciel gris des gouttes amères glissent.

Des nuages de chagrins au soleil se hissent,

S’étirent, s’allongent traçant de sombres rues.

L’amour est un alpage ouvert sur ciel de nues

Où des êtres créent à tâtons le sursaut.

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Les pleurs coulent purs sur les vagues en ruisseaux.

Qu’importe ami, les larmes se ne sont que des eaux !

Qu’importe, quand la colère monte très haut !

Elle suivra son parcours pour s’évanouir vaine,

Sur la même rive, puis s’éteindre de peine.

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Les yeux seront séchés, et la peine effacée,

Les souffrances vécues seront aussi pansées ;

Le Soleil brillera sur Lune en déshérence,

Les richesses du cœur feront leur clairvoyance

Jusqu’au bout de la nuit qui finit mercurielle.

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L’amour s’éveille à l’autre au-delà des frontières,

Vibrations libérées par-dessus toutes mers.

Les sentiments nourris, quotidiens sans amers,

Alimentent le vivre à l’âme en bandoulière

Pour qu’elle pulse l’amour comme un phare arc-en-ciel.

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Je feuillette les jours aux souffles de mes nuits

Avec l’espoir de voir l’arbre vert de ma vie

Au creux de ses branchages où se loge mon nid,

Mon équilibre, mes rêves et mes envies.

Réveille-toi, mémoire longtemps endormie !

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Solitude du corps que les pensées apaisent,

Ma mémoire t’appelle à faire en virtuel

Tant de bonheur réel où il suffit au miel

Des mots purs si vibrant qu’ils prolongent la braise.

Le foyer assoupi se réveille aujourd’hui.

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Souviens-toi de ma terre et de mon existence !

Souviens-toi qu’au demi il manque tous les sens !

Quand on est nue de la honte, on désir se couvrir,

Retenir ses feuilles, ses fruits et ses racines,

Emboîter les deux moitiés avant de mourir.

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Mes regards naissent de toi, femme qui les bois ;

Les gestes reviennent nourrissant la tendresse ;

Les caresses des cœurs, au nom de leur noblesse,

Aiguisent et soulagent, lors, l’amour qui croît

Faisant voile à deux sur nos flots qui cheminent.

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Yann et Fyaline

2008