1-Karukera,Guadeloiupe Ou « A toi, fruit d’océan, Karukera fleur de terre

Guadeloupe.
Ou   « A toi, fruit d’océan, Karukera fleur de terre,
Danse du feu et de l’esprit, de l’âme des êtres qui t’habitent. »


Papillon de « Terre-Amérindienne » et de « Souffre » du Ciel.
Les hommes et les femmes vivaient en pêches rudes
Enrichies des ethnies en leurs quêtes et nourries par la mer.
Du fait de l’île-terre il y avait un refuge en ces confins du ciel
Rocher aux tempêtes, aux ouragans, à la folie des luttes,
Les Caribs sanglants et guerriers n’étaient pas loin ;
Les étreintes de la colère élémentale s’enchaînaient ;
Et Dieu pleurait, densifiait la résistance aux vents,
Pleurait sur la souffrance humaine du peuple né migrant,
Indigènes Caraïbes issus des Arawaks ou nobles Taïnos,
Sagesse ancestrale issu de la tradition orale,
Echo d’harmonie fusionnelle en nature et partage,
Déjà fleur de métissage aux sangs d’ailleurs ;
Esclaves en négritude endoloris et meurtris,
Colons aventuriers, conquérants fous en démesure.

Terre d’île et de volcan qui lave l’être et bruisse à son âme.
Par les pluies tropicales et le chant du petit-monde,
Comme une nourriture des Anciens qui s’expriment.
Ils disent son histoire à cette Basse – Terre, île coiffée,
Haute du feu de son volcan, « Vieille-Dame » de garde ;
C’est au pied de tes flancs que veille la Vierge !
Île drossée par la houle du large en côte sous le vent,
Baignée en quelque sorte par la rivière aux herbes,
Pansée par l’Esprit fort « Notre-Dame-Du-Mont-Carmel ».
Trois-Rivières a déterré les vestiges du temps,
Redonnant la mémoire de la terre aux peuples de l’île.
Le chant de la Basse-Terre a résonné en moi et je m’en suis nourri.
J’ai rencontré le silence des cœurs qui battaient à l’unisson
De l’histoire construite en quelque sorte, comme mouvance utile
Ramenée à la « conscience-outil » de l’enfant qui subit, hors famille,
Le poids de l’être ainsi, plutôt qu’autrement divisible.

Terre d’île et de volcan qui permet aux êtres le secours
Par le temps plus clément qui fait cet accueil complice.
Il y a aussi le chant du petit-monde qui se fait différent,
Comme une nourriture des Anciens qui s’expriment.
Ils disent son histoire à la Grande – Terre, large de ses plaines.
Ici croit la canne, cette fleur du « Ti-punch » et du sucre,
Les champs sentent presque le rhum et les sueurs du plant,
Alors que s’affairent à son pied une main d’ancestralité.
Les coups du destin et les secondes de libre arbitre
Ont embaumé la sève de ces cannes qui vous broient la santé.
Ils disent leur histoire de l’en-dessous de cette mer salée
Aux vallons des Grands-Fonds, aux mornes verdoyants ;
Aux plages de sables blancs, aux lagons protecteurs,
Aux mangroves nourricières, aux abruptes falaises
Où l’impétueux flot musclé de la mer Caraïbe
Vient se casser l’écume en « Pointe-des-Châteaux »
Livrant l’éponge aux sables foulés par la mouette du large.
Il y avait comme des traces folles de bouteilles à la mer.

La flamme de l’instant se renforce un peu plus
Lorsque la conscience nue du cheminement pur,
Construit une marge en page du croître enfin.
Avant que d’en parler à vous qui me lisez
Je dis le secret fort des senteurs maternelles,
De la mangue qui tombe en ce bord des chemins,
A peine ramassée tant elle est… tant elle est.
De la pomme liane qui étire son plan
En fleur comme orchidée, en fruit de bord de haies ;
De la quenette douce et acide à la fois,
Un peu comme un letchi qui vous fond dans la bouche.
« J’anone » encore le corossol au goût douçâtre,
Je cueille la papaye aux vertus si soignantes
Que le respect se doit à ce fruit savoureux,
La carambole étoile agaçant les papilles.
L’ananas bouteille en mutations hybrides
Reflète la saveur du peuple en Guadeloupe,
Peuple enrichi de tant de traditions anciennes.


Yann