LA SOUFFRANCE

 

 

POURQUOI ?

 

Il faut une certaine audace pour prétendre apporter une réponse à cette question que l’homme se pose depuis toujours. Une réponse qui apaise et rassure le cœur et l’intelligence, une réponse qui panse les plaies et ouvre un avenir à ceux qui sont blessés par la vie.

 

Parler de la souffrance, c’est courir le risque de parler d’une étrangère. Ceux qui l’ont expérimentée savent bien que l’on ne peut pas la décrire avec des mots. Elle nous échappe dès lors qu’elle nous tient !

 

Qui disserterait sur la souffrance au moment même où les douleurs insoutenables le tenaillent ? Le Christ lui-même en a été réduit à crier sur la croix « Mon Dieu, mon Dieu pourquoi m’as-tu abandonné ? » (Matthieu 27.46)

 

Tant de souffrances diverses,

 

Nous le savons bien, il existe de nombreuses souffrances qui ne sont pas obligatoirement physiques. Souffrance d’abandon, souffrance d’amour, souffrance de celui ou celle qui a perdu sa compagne ou son compagnon, souffrance de la maman qui accueille un enfant mort-né, souffrance du vieillard qui ne supporte plus l’idée de finir ses jours en maison de retraite, souffrance du chômeur qui se sent en marge de la société, souffrance du malade mental qui ne sait plus comment s’en sortir.

 

La souffrance a de nombreux visages.

 

Elle frappe sans cause et sans raison, les hommes et les femmes, les riches et les pauvres, les vieux et les jeunes, et même les bébés.

 

Premier constat : beaucoup de souffrances physiques ou morales sont injustes, incompréhensibles, même si certaines, comme celle des enfants malnutris, sont liées à notre égoïsme et notre méchanceté. Il est une question qui résiste face à ce tableau : pourquoi Dieu a-t-il permis cette épreuve ?

 

Y-a-t-il une explication à la souffrance ?

 

Nous sommes tentés de trouver une explication logique pour apporter une réponse, comprendre un présent par un passé, voire de donner une valeur éducative à la souffrance. C’est ainsi que les « amis » de Job, dans leur folle prétention, entreprennent de démontrer à cet homme écrasé par le malheur que tout ce qui lui arrive est « mérité », que Dieu est nécessairement juste dans tous ses jugements et rétribue l’homme selon ses œuvres.

 

Le texte biblique nous dit que Dieu sanctionne ces « professeurs » de souffrance qui n’ont pas parlé de lui avec vérité et qu’il donne raison à Job qui, dans sa détresse, a eu l’humilité de se tourner vers lui en renonçant à tout comprendre et à tout expliquer.

 

« 2 « Je reconnais que tout est possible pour toi
et que rien ne peut s'opposer à tes projets.
3 ‘Qui est celui qui dissimule mes plans par un manque de savoir ?'
Oui, j'ai parlé, sans les comprendre,
de merveilles qui me dépassent et que je ne connais pas.
4 ‘Ecoute-moi et je parlerai !
Je t'interrogerai et tu me renseigneras.'
5 Mon oreille avait entendu parler de toi,
mais maintenant mon œil t'a vu. » (Job 42.2-5).

 

Une promesse à celui qui souffre

 

La Bible ne donne ni explication ni justification à la souffrance, mais une promesse. Celle d’un Dieu proche dans la souffrance, qui se laisse interpeller, qui n’est pas sourd à nos appels. « Sachez que l'Eternel s'est choisi un homme fidèle. L'Eternel entend quand je crie à lui. », dit le psalmiste (Psaume 4.4).

 

Dieu n’est pas venu pour supprimer la souffrance, il n’est pas venu pour l’expliquer. Il est venu pour la remplir de sa présence. (Paul Claudel, poète).

 

Le Dieu de Jésus-Christ nous propose quelque chose de complètement fou : une foi gratuite, de l’ordre d’une confiance absolue en son amour. Une foi qui renonce à expliquer le bien et le mal, le juste et l’injuste. Une foi qui s’abandonne, sans condition, jusqu’au bout, qui me pousse à croire que Dieu me tient dans sa main lorsque je traverse l’épreuve, qu’il m’aime, même si ce qui m’arrive me paraît incompréhensible.

 

Je garde dans mon cœur le souvenir de cette amie chrétienne qui à la veille de sa mort me demandait de prier pour elle car elle-même n’en avait plus la force.

 

Il ne nous est pas naturel de marcher sur ce chemin de la confiance en Dieu, renonçant à nos propres forces, mais enracinés dans la parole et la promesse de Dieu. Et pourtant c’est notre vocation à tous !

 

Dieu nous lance un appel

 

Etre proches les uns des autres, dans une communion de cœur et de pensée, c’est peut-être  la seule chose qui soit vraiment essentielle à vivre dans le temps de la souffrance : Dieu nous donne les uns aux autres. Il nous confie les uns aux autres. Et comme l’apôtre Paul l’écrit dans sa première lettre aux Corinthiens :

 

« Dieu est fidèle à ses promesses, et il ne permettra pas que vous soyez éprouvés au-delà de vos forces, mais au moment où surviendra l’épreuve, il vous donnera la force de la supporter, et ainsi le moyen d’en sortir » (1 Corinthiens 10.12-13)

 

 

Quand tu seras dans la détresse appelle-moi, je te délivrerai, et tu célèbreras ma gloire (Psaume 50.15)

 

 

(Flyer de Média Espérance – Agnès Desplanque)

Ichtus (2)