PavY00036-Un peu de vent un peu de temps juste nos vies

Un peu de vent un peu de temps juste nos vies.

 

 

Le piano joue et les notes s’égrènent ;

Il flotte dans l’air comme un rien de moi,

Sans bémol, sans dièses, et l’on freine…

La cascade meurt en sève de toi.

 

Les arpèges fous n’y feront plus rien.

Le poids du passé « s’enculture » encore…

Te dire les manques, les trois fois rien,

De tes mots, silence en bond du plus fort.

 

Tous ces dits des fois sont-ils morts pour rien ?

Sont-ils des morts nés, des morts de nos « Nous » 

Trop bien enfoui dans l’infini du « Tout»…

Qu’il ne reste alors que le fruit de l’instinct ?

 

La mélodie vraie c’est toi qui la crée !

Tu geins, tu recrées des fantasmes morts.

Les sonorités de ton âme fée

Sonnent en renfort des libres efforts.

 

Des gammes de toi aux gammes de moi,

Des notes des doigts aux notes de foi

La prière crée comme un chemin droit,

Un Chemin de croix, une voie, la Voie.

 

S’évertue mais meurt le flot du partage

Quand l’être s’éteint lors du jugement,

En faisant fi de l’écoute sans âge,

En faisant fi du choix du bon moment.

 

Je suis l’abandon de ce qui fut nous.

C’est chose de rien, silence voulu…

L’engrais de mes mots se noie, devient fou.

Patience s’enfuit en fleur révolue.

 

Le piano pleure ses espoirs qui freinent,

Des nuages ceignent comme un dé d’or…

Les souffles à court de toutes migraines

Espèrent en l’esprit qui, nu, s’endort.

 

Nous parlerons demain c’est sûr et c’est certain,

Mais le malaise est là confis dans nos hautains

Replis de certitude « empreints » de nos oublis….

Un peu de vent, un peu de temps, juste nos vies.

 

Yann