Celui qui souffre a droit à la compassion de son ami,

Même quand il abandonnerait la crainte du Tout Puissant.

(Job 6.14)

 

Lecture proposée : (Jean 9.1-5)

1 Jésus vit, en passant, un homme aveugle de naissance. 2 Ses disciples lui posèrent cette question: «Maître, qui a péché, cet homme ou ses parents, pour qu'il soit né aveugle?»
3 Jésus répondit: «Ce n'est pas que lui ou ses parents aient péché, mais c'est afin que les œuvres de Dieu soient révélées en lui. 4 Il faut que je fasse, tant qu'il fait jour, les œuvres de celui qui m'a envoyé; la nuit vient, où personne ne peut travailler. 5 Pendant que je suis dans le monde, je suis la lumière du monde.»

 

 

 

JE SOUFFRE, ECOUTE-MOI

 

C’est ce qu’aurait pu dire Job à ses quatre amis. Quant à eux, ils ont cherché à démontrer qu’il méritait un châtiment aussi catastrophique. A force de phrases pieuses, ils ont déroulé une théologie erronée. Job savait que la vie qu’il avait menée (sans doute semblable à celle de ses amis) ne méritait pas un tel traitement. La souffrance n’est pas toujours la conséquence du péché. Bien plus tard, Jésus s’est élevé contre la notion que la souffrance résulte automatiquement du péché :

1 A ce moment-là, quelques personnes qui se trouvaient là racontèrent à Jésus ce qui était arrivé à des Galiléens dont Pilate avait mélangé le sang avec celui de leurs sacrifices.
2 Jésus leur répondit: «Pensez-vous que ces Galiléens étaient de plus grands pécheurs que tous les autres Galiléens, parce qu'ils ont subi un tel sort? 3 Non, je vous le dis. Mais si vous ne changez pas d'attitude, vous périrez tous de même. 4 Ou bien ces 18 personnes sur qui la tour de Siloé est tombée et qu'elle a tuées, pensez-vous qu'elles étaient plus coupables que tous les autres habitants de Jérusalem? 5 Non, je vous le dis. Mais si vous ne changez pas d'attitude, vous périrez tous de même.»

(Luc 13.1-5).

 

Pourtant, les amis de Job avaient fort bien commencé leur visite. Ils se sont tus pendant sept jours. Job leur reproche d’avoir fini par prendre la parole. « Si seulement vous aviez gardé le silence! Vous seriez passés pour des hommes sages.  » (Job 13.5).

 

Je trouve remarquable qu’ils aient gardé le silence aussi longtemps. J’ai comme l’impression que j’aurais déjà commencé à parler après un long quart d’heure. Honnêtement , je ne suis pas sûre que j’aurais été plus compatissante qu’eux. La théologie de la rétribution n’est jamais loin de nos esprits quand survient une grande épreuve ou une catastrophe. « Qu’ont-ils fait pour mériter cela ? », pensons-nous.

 

« Seigneur, donne-moi de parler de toi avec droiture et de développer une compassion authentique envers ceux qui souffrent, car des conseils bien intentionnés peuvent parfois faire plus de mal que de bien ».

 

(Extrait des « Méditations Quotidiennes » - Elfriede Eugène)

 

Ichtus (2)