N’ABANDONNE JAMAIS !

(Né sans bras ni jambes et pourtant heureux)

 

(Flyer de «Média Espérance » - Extrait du livre de Nick Vujicic «La vie au-delà de toute limite » avec l’aimable autorisation de la Maison d’Edition Brunnen-Verlag)

 

Nick Vujicic est né sans bras et sans jambes. Plutôt que de laisser ce handicap le dominer, il le surmonte et encourage des millions de personnes à faire de même dans leurs propres difficultés.

 

Le choc

 

Ma mère, raconte-t-il, était sage-femme. Elle connaissait toutes les précautions à prendre durant une grossesse. Elle avait 25 ans à ma naissance le 4 Décembre 1982, et sa première question était de s’enquérir de la santé de son bébé. Pour toute réponse, elle obtint un silence. « Que se passe-t-il ? Qu’est-ce qui ne va pas chez mon bébé ? ». Le médecin se tut, et comme elle insistait, un seul mot, emprunté au jargon médical se dessina sur ses lèvres : « Phocomélie ». De par sa formation, ma mère sut aussitôt que ce terme désignait une malformation, voire l’absence de certains membres. Les infirmières étaient en larmes. Ce qui s’offrait alors aux yeux de ma mère était à la limite du supportable : Son enfant n’avait ni bras, ni jambes, uniquement une tête et un tronc…

 

Ce premier choc surmonté, mes parents s’efforcèrent de me donner une éducation normale, malgré mon lourd handicap physique. Petit garçon, l’image que j’avais de moi-même était celle d’un enfant normal, gentil et de nature enjouée. J’ignorais à ce moment-là que j’étais différent. Je ne pouvais imaginer à quels défis la vie me confronterait. J’ai maintenant la ferme conviction que des forces insoupçonnées nous habitent tous, peu importe les difficultés rencontrées. Quels que soient le handicap et l’incapacité qui nous paralysent, nous avons en nous les ressources pour les vaincre. Entre autres dons reçus de Dieu, j’ai une bonne dose de détermination. Ainsi, j’ai voulu prouver à tout le monde que l’on pouvait être un sportif, même sans bras et sans jambes.

 

On me traitait de « monstre »

 

A l’âge de la puberté, mon corps me poussa aux limites du désespoir. Il était évident que je n’étais pas comme mes camarades de classe. Tout en me consacrant à des activités tout à fait normales, telles que la natation ou le skateboard, je réalisais que beaucoup de choses ne seraient jamais à ma portée. Les enfants que je côtoyais me traitaient de « monstre ». Je voulais être accepté, mais ils ne voulaient pas de moi. Je voulais m’intégrer au clan mais celui-ci me tournait le dos. Je finis par m’apitoyer sur moi-même et sombrais dans la dépression. Quel sens avait donc la vie ? Je redoutais de n’être pour le restant de ma vie qu’un fardeau pour les autres. Je me trompais. L’une de mes vidéos les plus connues sur You Tube me présente en train de faire du skateboard, de surfer, de jouer de la musique, de jouer au golf, de tomber et de me relever, de parler devant un grand auditoire. La scène que j’affectionne tout particulièrement est celle de gens qui me serrent dans leurs bras. Ce n’est rien d’extraordinaire, me direz-vous. Mais alors, pourquoi cette vidéo est-elle si visionnée, des millions de fois ? Si elle suscite tant d’intérêt c’est parce que l’on peut voir que malgré les limites que m’impose mon corps, je vis comme si elles n’existaient pas. L’image que l’on se fait d’une personne handicapée est celle d’un inactif, qui vit retranché et qui désespère de la vie. J’aime surprendre les gens par ma vie épanouie et riche en aventures.

 

Je suis une œuvre de Dieu

 

Une question m’est souvent posée : « Nick, quel est le secret de ton bonheur ? ». Je suppose que vous aussi affrontez des difficultés, en ce moment-même. Je peux vous dire que lorsque je compris que bien qu’imparfait, j’étais le parfait Nick Vujicic, alors je commençais à me relever. Je suis une œuvre de Dieu. Cela ne signifie pas que j’ai atteint le maximum. Il me reste tant de choses à apprendre. Trop souvent nous pensons ne pas être assez intelligents, assez beaux, assez talentueux pour réaliser nos rêves. Nous croyons ce que les autres disent de nous et nous nous rabaissons nous-mêmes. Or, celui qui cesse de nourrir ses rêves confine Dieu dans une boîte. Pourtant, nous sommes ses créatures et non le produit du hasard ! De même qu’on ne peut cerner l’amour de Dieu, de même notre vie n’a pas de limites.

 

Nos pensées nous dictent nos limites

 

Nous avons le choix : soit nous nous concentrons sur nos déceptions et nos déficits, et nous sombrons dans l’amertume ; soit nous décidons de tirer la leçon de tout ce qui nous arrive et devenons responsables de notre vie, et nous ouvrons la voie au bonheur. Je dois reconnaître que pendant longtemps j’ai douté de ma capacité à pouvoir contribuer à mon bonheur. En tant que jeune homme, je ne pouvais découvrir le moindre point positif à ce corps incomplet . « Pourquoi n’ai-je pas au moins un bras ? » demandais-je. Pendant de longues années, je me disais que si mon corps était « normal », ma vie serait un rêve.

 

J’oubliais que l’important n’était pas d’être normal, mais d’être moi-même. Ce fut très douloureux d’admettre que mes limites n’étaient pas physiques mais mentales. Petit à petit un talent, une capacité, un don, un savoir-faire qui lui permet d’être heureux et épanoui. Le secret d’une vie épanouie réside souvent dans la mise en valeur de ce talent.

 

Tu es beau et précieux

 

Un jour, je parlais à un groupe d’écoliers. Une jeune fille fondit soudain en larmes. J’en ignorais la raison. Avais-je réveillé un douloureux souvenir ? A ma stupéfaction et malgré ses larmes, elle leva la main pour demander la parole. Courageusement, elle demanda la permission de s’avancer pour me serrer dans ses bras. Je la priai de monter sur scène. Elle me prit dans ses bras, ce fut l’une des meilleures étreintes de ma vie ! Ce qu’elle me glissa alors à l’oreille me troubla profondément : « Jamais personne ne m’a dit que j’étais belle telle que je suis ! Personne ne m’a jamais dit qu’il m’aimait. Aujourd’hui, tu as changé ma vie. Et toi aussi, tu es beau ». Jusqu’à ce jour, j’avais sans cesse remis ma « valeur » en question. Je pensais que le fait de raconter à d’autres mon histoire m’aiderait à surmonter ma solitude. Mais, cette fille disait que j’étais beau et je pressentis que j’avais la faculté d’aider les autres, elle avait corrigé ma perspective. Je pensais alors : « Peut-être que je sers tout de même à quelque chose » ? De telles expériences m’ont aidé à comprendre que « ma différence » pouvait être une chance, celle d’apporter une contribution particulière. Je réalisais que les gens étaient disposés à m’écouter. Il leur suffisait en effet de me regarder pour réaliser que ma vie a été semée d’obstacles qu’il m’a fallu surmonter. Personne ne doute de ma fiabilité. Instinctivement mes auditeurs se rendent compte que mon exemple peut les aider à résoudre leurs propres problèmes. Depuis, j’ai pris la parole dans des écoles, des églises, des prisons, des hôpitaux, des stades et lors d’innombrables manifestations. Mon corps incomplet est devenu un merveilleux instrument. J’ai reçu le don d’édifier et d’encourager les autres. Dieu soit loué !

 

Ichtus (2)