LES ENSEIGNEMENTS DU PAPILLON

 

« Interroge les bêtes, elles t'instruiront » (Job 12.7)

 

Plusieurs de mes lecteurs trouveront sans doute étrange qu'un pasteur s'attarde à aborder un sujet aussi vain que celui des papillons. Est-ce le moment d'en parler ? Appartient-il à un messager de la bonne nouvelle, dans les temps graves où nous sommes, de perdre son temps à pareille futilité ?

 

On raconte que, dans les premiers siècles de notre ère, un vieil ermite, célèbre par sa piété, vivait dans les contrées de la Thébaïde. Un jour, un savant d'Alexandrie lui exprime son étonnement de ne pas lui voir de bibliothèque. « J'ai deux livres écrits de la main de mon Père céleste, répondit l'ermite, la Bible et la nature : j'ai appris à lire dans les deux et cela me suffit ».

 

Ce que j'ai trouvé dans la Bible, je le dis, le dimanche, dans mes prédications ; ce que j'ai lu dans la nature, je voudrais le dire ici, non en savant, mais en simple amateur. Combien je serais heureux si ces quelques pages, écrites avec amour, pouvaient éveiller en quelqu'un, tout à la fois, le goût de la nature et le goût des choses de Dieu !

 

J'ai expérimenté à maintes reprises quelque chose de pareil : ce que j'ai trouvé dans la Bible m'a paru être la continuité de ce que j'avais observé dans le livre de la nature. Entre les deux règnes, j'ai souvent constaté une vraie similitude de lois ; certains phénomènes du monde spirituel m'apparaissaient comme le prolongement de ceux de la nature.

 

Le témoignage du papillon

 

On a dit que les papillons, n'étant pas essentiels à notre vie, ne sont qu'un objet de luxe dans la nature et que le monde tournerait sans eux.

 

Je ne le crois pas. J'ai idée, au contraire, que le Créateur a permis que le papillon fût si brillant pour attirer plus directement notre attention et mieux nous faire comprendre les précieuses leçons biologiques qu'il a à nous donner ; car il semble que ce soit, justement dans cet être délicat entre tous que Dieu a voulu, comme en une superbe illustration, esquisser tout son plan d'amour à notre égard et nous faire toucher du doigt les phases successives de l'évolution magnifique par laquelle il nous élèvera de notre berceau à son trône.

 

Si un papillon, image de la légèreté, met tant de soin à sauvegarder ce qu'il a de plus précieux au monde : son œuf, en le déposant toujours à l'endroit le plus favorable, à combien plus forte raison notre Père qui est dans les cieux s'occupe-t-il du milieu où doivent croître et grandir ses fils, sans jamais les abandonner au hasard des circonstances.

 

Les mues de la chenille

 

La chenille n'a pas de membres qui croissent incessamment comme les nôtres. Mais, au moment de la mue, elle se transforme de fond en comble, changeant de peau, de poils, de pattes, même de tête. Et cela cinq fois de suite. La chenille a cessé de manger ; immobile, elle est comme malade, c'est une épreuve. L'histoire de son développement, par crises successives, fait penser au développement des hommes de Dieu, allant d'une vérité vécue à une autre vérité vécue. Toujours là au fond de nous-mêmes, elle attend que nous la traduisions en réalités, en faits d'expérience.

 

« Vous avez été instruits à vous dépouiller du vieil homme qui se corrompt et à revêtir l'homme nouveau » (Éphésiens 4.22).

 

Contrastes

 

Nous trouvons toute une série de contrastes frappants qui nous permettent d'établir par analogie, les rapports qui existeront entre notre corps nouveau et notre corps actuel. Sous sa forme inférieure, le papillon broute de l'herbe, la chenille n'est qu'un système digestif. Sous sa seconde forme, la mâchoire disparaît et se trouve remplacée par une trompe élégante, roulée en spirale que l'insecte enfonce dans le nectar des fleurs. Il ne se nourrit plus, mais se sustente [1].

 

Ensuite, la chenille rampe sur la terre, traverse la poussière et entre dans la terre se mêlant à toutes les boues .mais le jour de sa métamorphose, quatre ailes d'une harmonie de couleurs incomparables le lancent dans l'espace et lui permettent de planer.

 

(Flyer de Média Espérance – Alexandre Morel (1856-1929) Pasteur

 

 

[1]

Se sustenter :

Se sustenter est l'une des nombreuses formes pour désigner le fait de manger afin de répondre à des besoins vitaux, à travers la consommation de viande, de légumes, de fruits, mais également de liquide, généralement de l'eau.

 

Ichtus (2)