Au supermarché de la foi

 

La foi est devenue un bien de consommation, comme l’amour, comme la vie… Au supermarché de la foi, on entend des conversations surprenantes :

 

  • J’ai enfin la foi ! J’en cherchais une bien adaptée à mes besoins, s’exclame un client

  • Comment cela ? interroge une autre personne

 

  • Regardez, c’est tout simple. Comme je sors le samedi soir, je ne peux pas me rendre le dimanche dans une Église. D’ailleurs je ne comprends pas grand-chose aux rituels et aux sermons des religieux. De plus, je n’ai pas de temps à consacrer à la lecture de la Bible. Et les relations me dérangent, je suis timide en public. Il me fallait une foi accessible, compréhensive et rassurante, qui ne m’impose rien. Silencieuse, disponible et surtout tolérante, j’ai trouvé la foi idéale !

 

  • A quel rayon l’avez-vous trouvée ?

 

  • Allée « post modernité », au rayon des « fois sympathiques » ; dépêchez-vous, on se l’arrache en ce moment et en plus, elle ne coûte pas cher !

 

La foi est-elle ce consommable, modulable et relatif, ce bonbon spirituel que l’on avale à peu de frais ? Ces professeurs individualistes de foi sur mesure rappellent que si l’homme a toujours soif de Dieu, il reste incapable de le trouver par lui-même. La parole de Dieu contenue dans la Bible démystifie sans complaisance ce type de démarches et dit : « Ils affirment connaître Dieu, mais leurs actions prouvent le contraire. Ils sont détestables, rebelles et incapables de faire aucune action bonne » (Lettre à Tite 1.16)

 

« Quelqu’un » et non « quelque chose »

 

Aborder la foi comme quelque chose à découvrir, puis à posséder (« je l’ai ou ne l’ai pas »), c’est faire fausse route ! Au supermarché de la foi, ne se trouvent que des gadgets, des contrefaçons.

 

La foi telle que la Bible en parle, n’est pas « quelque chose » à posséder, c’est avant tout « quelqu’un » à rencontrer ! « Avoir la foi », au sens strict, reviendrait à « posséder » Dieu. On ne dispose que des idoles, jamais de Dieu. Chacun peut en faire l’expérience : dès que je m’interroge honnêtement sur mon aptitude personnelle à croire (ais-je la foi ?), je suis pris de vertige, mon esprit s’enlise et le doute s’installe. Seul avec « ma » foi, je ne peux pas cheminer bien loin ; je ne puis que glisser fatalement vers l’incrédulité et aboutir à l’indifférence : « Dieu, Seigneur, je crois ! Viens au secours de mon incrédulité (Marc 9.24) ».

 

La foi n’est donc pas ce déclic magique, attendu par certains, qui mettrait en branle le mécanisme depuis toujours en sommeil. La foi n’est pas naturelle au cœur de l’homme ; elle n’en est pas une bonne disposition. La Bible dit : « C’est par la grâce que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi. Et cela ne vient pas de vous, c’est le don de Dieu » (Éphésiens 2.8).

 

Même si cette situation soulève des questions difficiles, elle affirme que l’homme n’est pas à l’origine de la foi. Les exemples de foi donnés dans la Bible procèdent d’une rencontre, d’un événement. C’est dans l’écoute de Dieu ou du Christ des Évangiles, dans l’obéissance à son enseignement que naît la confiance en lui : la foi. Dès lors, cette foi n’est qu’une idole qui se contemple elle-même, autant dire rien du tout ! Quand je dis : « Je crois EN Jésus-Christ », l’accent porte sur le Christ et sur les implications concrètes de cette nouvelle relation pour ma vie.

 

Accepter l’invitation de Jésus-Christ

 

La foi peut être comparée à l’amitié. Sans une relation soutenue avec son ami, sans rencontres régulières, sans dialogue et projets, l’amitié s’effiloche. L’entretenir artificiellement dans une mémoire passoire et sélective, au moyen de quelques photos jaunissantes, ne la rend pas vivante. Elle n’est plus.

 

Le Christ, au contraire, offre sa présence vivante à quiconque lui fait confiance, car il est ressuscité de la mort : « Je suis avec vous tous les jours, dit-il, jusqu’à la fin du monde » (Matthieu 28.20). Il ne s’agit pas, dans la foi en lui, de conserver la mémoire d’un grand homme. Si nous acceptons une relation vivante avec Jésus-Christ, le ressuscité, chaque jour et dans toutes les circonstances, il nous imprègne de sa vie. Il nous rend capables de lui parler avec la même assurance que s’il était physiquement présent à nos côtés. Il nous adresse un appel particulier à entrer dans le grand projet de salut que Dieu déploie dans le monde.

 

La foi nous est donnée et se propage. Alphonse Maillot définit avec une merveilleuse finesse la foi comme étant « la victoire de Dieu sur mon incrédulité, la victoire de Jésus-Christ sur la femme, l’homme que je suis et qui n’a nulle envie de croire en lui ». Ce qu’il n’ajoute pas et qui paraît pourtant essentiel, c’est que cette foi déplace les montagnes ! (Matthieu 17.20)[«C'est parce que vous manquez de foi, leur dit Jésus. Je vous le dis en vérité, si vous aviez de la foi comme un grain de moutarde, vous diriez à cette montagne: ‘Déplace-toi d'ici jusque-là', et elle se déplacerait; rien ne vous serait impossible.»] Par la rencontre avec le Christ, l’homme violent devient doux, l’escroc devient honnête et le désespéré confesse l’espérance du salut enfin découverte !

 

La foi en Jésus-Christ change toute notre vie car Dieu agit en nous ! Il fait de ceux qui se confient en lui des personnes selon son cœur. Il devient l’ami qui conduit chaque jour à lui et vers les autres. Comment saisir l’occasion de cette rencontre avec le Dieu vivant, vous demandez-vous ? Vos bonnes dispositions ne suffisent pas (Matthieu 19.16-22)[16 Un homme s'approcha et dit à Jésus: «[Bon] Maître, que dois-je faire de bon pour avoir la vie éternelle?»
17 Il lui répondit: «Pourquoi m'appelles-tu bon? Personne n'est bon, si ce n'est Dieu seul. Si tu veux entrer dans la vie, respecte les commandements.»
«Lesquels?» lui dit-il.
18 Et Jésus répondit: «Tu ne commettras pas de meurtre; tu ne commettras pas d'adultère; tu ne commettras pas de vol; tu ne porteras pas de faux témoignage; 19 honore ton père et ta mère et tu aimeras ton prochain comme toi-même.»
20 Le jeune homme lui dit: «J'ai respecté tous ces commandements [dès ma jeunesse]. Que me manque-t-il encore?»
21 Jésus lui dit: «Si tu veux être parfait, va vendre ce que tu possèdes, donne-le aux pauvres et tu auras un trésor dans le ciel. Puis viens et suis-moi.»
22 Lorsqu'il entendit cette parole, le jeune homme s'en alla tout triste, car il avait de grands biens. ]
. N’écoutez pas votre imagination s’enthousiasmer pour un dieu rabaissé à votre image, incapable d’une relation vivante et transformatrice. Prenez le risque d’accepter l’invitation du Seigneur Jésus-Christ qui vous dit : « Abandonne ta vie, laisse tomber tes certitudes, viens et suis-moi (Matthieu 19.21)[21 Jésus lui dit: «Si tu veux être parfait, va vendre ce que tu possèdes, donne-le aux pauvres et tu auras un trésor dans le ciel. Puis viens et suis-moi.»]. Dites-lui :

 

« Je veux te faire confiance mon Dieu, conduis ma vie, transforme-moi à ton image ».

 

(Flyer de Média Espérance – Pierre Lacoste)

 

Ichtus (2)