IL ETAIT UNE FOIS …

 

 

« Il était une fois, dans une chambre d’hôpital, un jeune couple devenu parents pour la première fois. Nous sommes quelques jours après le 11 Mars 1994, en Lorraine. Alors que Monsieur ferme la valise, la nouvelle maman, habille sa petite fille. C’est l’heure de rentrer à la maison !

 

Leur quotidien allait dès lors être bouleversé. La jeune femme de 22 ans quitta son emploi pour se consacrer pleinement à son petit bout et son mari dût se résoudre à raccourcir ses nuits. Débutèrent alors les pleurs, les couches pleines, la purée sur les murs et les crises de colère. Les jeunes parents ont su faire preuve d’originalité et de persévérance pour résoudre ces désagréments.

 

La fillette fut rapidement rejointe par une petite sœur. Ensemble, elles découvrirent la semoule à la cannelle de maman, la joie de Noël en famille, que les peluches sont vivantes, qu’on est mieux dans les baskets de papa… Mais, elles rencontrèrent aussi quelqu’un.

 

Tous les soirs, à l’heure du coucher, les parents prenaient le temps de chanter et de prier simplement avec leurs filles. Dans leur bibliothèque, se mêlaient les livres de coloriage et les histoires chrétiennes. Tous les dimanches matin, la petite famille allait à l’église. Les plus jeunes étaient redirigés dans des groupes d’enfants où on chantait et écoutait les histoires de la Bible. C’est ainsi qu’elles firent la connaissance de Jésus. »

 

Vous avez compris que cette histoire est celle de mon enfance. Vous ne me connaissiez pas encore. Puisque je suis démasquée, je vais continuer à la première personne du singulier.

 

Quand nous avons quitté ma région natale, je n’avais que 5 ans, je ne pouvais comprendre les causes (mutation de papa) et imaginer les conséquences. Au début, quelques membres de la famille prenaient la peine de descendre voir notre nouveau chez-nous, mais, au fur et à mesure, ces visites se sont faites i de plus en plus rares et nous nous sommes retrouvés en famille réduite. Nous avons alors institué que nous y retournerons à chaque période de Noël. C’est important pour moi. La famille est une valeur importante à mes yeux et l’Alsace/Lorraine revêt pour moi une valeur sentimentale. C’est à chaque fois un voyage bénéfique.

 

Dans le sud, nous avons rejoint l’église de Trets. C’était une petite église avec peu d’enfants . J’ai quelques souvenirs de leçons données par Ulla, illustrées avec du Velcro (et oui, les méthodes changent !), des moments de louange où les enfants avaient le droit de proposer un chant de leur répertoire. A cette époque, j’apprenais la guitare. Ce n’était pas une passion mais j’y travaillais. En réalité c’était pour faire comme papa à l’église ! Vous avez sûrement dû constater notre ressemblance physique mais ceux qui nous connaissent diront que cela va au-delà. C’est aussi à cette période-là que j’ai donné mon cœur à Jésus en tant qu’enfant.

Vous l’aurez compris, j’ai passé une enfance des plus heureuses, entourée de mes sœurs et de parents aimants, qui m’ont appris tout ce que j’avais besoin de savoir pour grandir correctement.

 

Cependant, au début de mon adolescence tout mon beau monde fut bouleversé. Nous avons brusquement changé d’église, papa fut muté à Paris et je suis rentrée au lycée militaire (volontairement pour ceux qui se posent encore la question…).

 

Le lycée militaire est un milieu très catholique. Il était donc commun de parler de religion et j’en ai profité. J’avais souvent ma bible sur mon chevet (puisque j’étais en internat), je ne cachais pas mes activités du dimanche, j’ai même fait un jeûne aux yeux de tous. Il est arrivé que plusieurs me posent des questions sur ma foi, ils étaient curieux et me considéraient comme la version moderne du catholicisme.

Malgré cette facilité, j’étais en colère contre Dieu. Il a déplacé mon papa à 1000km de chez nous ! Cet éloignement a progressivement modifié nos habitudes, chamboulé notre famille et créé un vide. J’étais en colère parce que je ne comprenais pas. Petit à petit je me suis détachée de la déception de voir mon papa loin pour m’attacher aux solutions pour le faire revenir. C’est seulement en profitant pleinement des moments ensemble (vacances, week-end) que nous pouvions supporter ces incessants aller-retour.

Nous cherchions une nouvelle église et avons découvert l’église chrétienne évangélique de St Maximin (où nous sommes depuis presque 10 ans). J’ai intégré le groupe de pré-ados puis le groupe de jeunes. Durant nos rencontres, nous nous sommes beaucoup amusés : plage, wii, jeux de société, balade, gamole, camping… Au-delà du divertissement, j’ai fait des rencontres riches, lié des amitiés fortes et compris la profondeur de ce que signifie « être chrétien »! Christian L. puis Gary G. nous ont souvent conduits dans la réflexion sur nos choix de vie, nos priorités et nos responsabilités en tant qu’enfant de Dieu. Que ce soit en camping avec le groupe de jeunes, au culte le dimanche, seule dans ma chambre, lors de rencontres chrétiennes, la nuit, par nos pasteurs ou par d’autres, j’ai commencé à ramasser, accumuler de petites pierres scintillantes et ainsi à constituer un trésor.

Le dimanche 28 Février 2016, je suis tombée sur une grosse pépite ! Durant ce culte, le chapitre 5 de Romains a été cité 2 fois et m'a interpellée. Bien sûr, je connaissais déjà ce passage, mais ce jour-là sa résonance était personnelle et j'ai réussi à remplacer le "nous" par le "moi" de manière sincère. J'ai réussi à m'identifier à la mort de Jésus (justifiée par sa mort) dans l'idée de sa résurrection (sauvée par sa vie). En mourant sur la croix il nous/m'a fait un cadeau et il est vivant parce qu'il veut me rencontrer.

Dieu est surprenant en fait. Je pensais être touchée dans une soirée, un week-end spécial ou autre événement ponctuel. Mais ce jour-là, sa présence se fait ressentir au travers d'un chant connu et de versets déjà lus. Tout résonne différemment à ce moment-là : voici quelques morceaux du chant entonné : "Tu es Dieu et je t'appartiens", "Obéir à ta voix, je suis fait pour toi", "Tu es là dans le cœur de ton Église, au-delà de ces murs qui nous divisent".

 

A la fin du culte je me suis dirigée vers Gary G. et lui ai annoncé ma décision de me faire baptiser avec beaucoup d’émotion. En le quittant je me suis demandée : "Que faire maintenant?". Aujourd’hui encore je me demande comment vivre ici-bas en connaissant le message de la Bible.

 

En écrivant mon témoignage, j’ai dû faire l’exercice de regarder en arrière. Je me rends compte que Dieu m’a gâtée ! Malgré les vagues qui ont pu ébranler ma barque, Jésus tient la barre et nous garde à flots :

  • C’est vrai, tous les anciens du groupe de jeunes sont partis et moi je suis restée. Mais aujourd’hui je vois la relève se battre et avancer.

 

  • C’est vrai, l’année dernière je n’ai pas eu ma licence. Mais j’ai eu du temps pour moi, pour l’église, j’ai aimé concevoir vos flyers et je ferai ma prochaine rentrée dans une école au top.

 

  • C’est vrai, je suis amoureuse d’un non-chrétien. Mais je suis heureuse et convaincue que je dois continuer à briller à ses côtés.

 

  • C’est vrai, la famille d’Alsace/Lorraine me manque. Mais ici j’ai des amis fidèles, des sœurs totalement déjantées (sourire) et des parents forts !

 

 

 

Dieu m’a bénie, et le long du chemin sa présence s’est fait ressentir. J’ai ma main dans la sienne et c’est ainsi que je désire vivre. C’est bien cela le sens du baptême, non ?

 

J’ai une dernière image à partager avec vous pour illustrer ma décision. C’est en regardant le film « La résurrection du Christ » que cela m’est venu. Je vous peins la scène : la crucifixion de Jésus a eu lieu quelques jours plus tôt et son corps a disparu. Tout le monde est attristé par son absence.

Les disciples et moi-même nous sommes dans un bateau sur l’eau. Ils ont péché toute la nuit mais rien n’est sorti de la mer.

 

Jésus apparaît sur la berge et propose de relancer le filet une dernière fois. Il ressort plein de poissons, si lourd qu’on ne peut le remonter entièrement, c’est un miracle. Tout le monde saute à l'eau pour le rejoindre sur la plage, sauf moi ! Il y a des cris de joie, des gestes d'amour. J'ai vu le miracle, je sais que c'est lui mais je n'ai pas l'impression que c'est pour moi. Il a tous ses disciples tellement aimants... Il n'a pas besoin de moi en plus... Je ne descends pas de la barque, je n'ai peut-être même pas pied, personne ne remarque que je suis restée en retrait.

 

Sauf Jésus qui me jette un coup d'œil et me dis par un geste de venir près de lui avec tous les autres.

 

Il m’invite personnellement, et aujourd’hui, je descends de la barque pour aller avec lui.

 Débora P.

Ichtus (2)