QUAND DIEU POSE SES JALONS

 

 

Je suis née à Marseille dans les années 60, l'ère du baby boom, de la société de consommation, de la libération de la femme...

 

J'ai grandi dans une famille unie et aimante avec des dimanches joyeux où toute la famille se réunissait, des vacances enchantées dans la maison familiale de l'Ardèche, pays natal de mon père. La « nounou » qui me gardait toute enfant, quand mes parents travaillaient, était une cousine de mon père, convertie à Christ . Elle me parlait de Jésus et priait pour moi. Elle dégageait quelque chose de doux, de bon, de lumineux. Aujourd'hui je sais que c'était la bonne odeur de Christ. Mes parents n'étaient pas croyants, pourtant quand j'eus 10 ans, ils m'envoyèrent à « l'école du mercredi » au temple protestant de Martigues où nous étions installés. J'ai suivi cet enseignement sans vraiment comprendre, étrangère à tout cela... A 14 ans je refusai si catégoriquement de m'y rendre que mes parents ne me forcèrent pas. Cependant une parole s'était inscrite en moi, me revenant souvent à l'esprit, sans que je la comprenne : « voici l'agneau de Dieu qui ôte le péché du monde. ».

 

La vie continua avec le lycée, le bac, l'université, la mariage et la naissance de mon premier fils, Julien, alors que j'avais à peine 21 ans. Mon mari avait fait, avant de m'épouser, une rencontre forte avec Christ mais parlait peu de cette expérience qu'il voulait oublier. J'étais à cette époque moi-même assez éloignée de Dieu, partisane de la liberté, révoltée contre le conformisme social, séduite par les idées féministes. Je pensais que j'étais seule à pouvoir décider de ma vie, de ce que je voulais en faire. C'est pour cela que lorsque je quittai mon mari pour l'homme que j'ai épousé depuis et qui partage ma vie, je ne ressentis aucune culpabilité, croyant « accomplir mon destin ».

 

Dans les quelques années qui suivirent, les difficultés inhérentes au divorce, à une famille recomposée, au métier d'enseignante que je commençais, m'amenèrent à faire un retour sur moi-même et à prendre conscience que ma volonté n'était pas suffisante, que je ne maîtrisais pas ma vie comme je le croyais. En moi commençait à germer un confus sentiment d'impuissance et de culpabilité.

 

Mon père fut opéré en 1987 d'un grave problème cardiaque et passa très près de la mort. Un soir où j'étais allée le voir en réanimation, le médecin m'annonça qu'il risquait de ne pas passer la nuit. Je me souviens d'être alors tombée à genoux dans les toilettes et d'avoir crié à Dieu, s'il existait, de le sauver. Quelques minutes plus tard, le médecin, très surpris et très soulagé m'appris que le taux d'oxygène dans le sang remontait et que mon père allait sans doute survivre. Je fus bouleversée jusqu'au fond de mon âme et je compris alors que ce dieu à qui j'avais crié m'avait répondu.

 

Je commençais à lire la bible de temps en temps. Un passage de l'Ecclesiaste fit écho en moi « vanité des vanités, tout est vanité et poursuite du vent ». La parole exprimait bien la vérité de la condition humaine ! Au fil des mois et de mes lectures, je compris que j'avais péché, offensé Dieu et les hommes, je me sentais sale, coupable. J'allais à quelques réunions d'évangélisation dans une Assemblée de Dieu. Un jour le pasteur présenta le passage de la femme adultère que nous connaissons tous.Ce jour là ce fut comme si Jésus me parlait personnellement. Je comprenais qu'il me pardonnait, qu'il portait mon péché. Dans les semaines qui suivirent, chaque fois que je repartais de cette assemblée après avoir écouté la parole, je pleurais, je pleurais, comme si mon être entier se lavait, les larmes emportant mes péchés, mes impuretés.

 

Mon cœur était en train de changer, ma vision du monde et mes valeurs aussi. Les mensonges du monde se dévoilaient.

 

Lorsque je mis au monde mon deuxième fils, Raphaël, je réalisais pleinement que la réponse de Dieu au péché était l'Amour, il me donnait un magnifique cadeau à moi qui ne méritais rien. Ce jour là je louai Dieu de tout mon cœur et je sus que cet enfant lui serait consacré.

 

Ma famille s'agrandit et il y a 20 ans nous arrivâmes à St Maximin. D'autres moments forts ponctuèrent bien sûr ma marche avec le Seigneur : joies, bonheurs, souffrances, chagrins, réussites. Ce dont je peux témoigner c'est que « tout, vraiment tout, concourt au bien de ceux qui aiment Dieu et comme dit Paul « nous courons vers le but ». Tant que nous sommes dans cette chair, nous n'atteignons pas le but mais nous sommes en route et l'essentiel c'est d'avancer, chacun à son rythme avec la personnalité que nous a donnée notre créateur.

 

Si je regarde derrière mi, je vois que Dieu avait posé ses jalons pour qu'un jour j'arrive à lui et lui ouvre mon cœur. Il avait tout préparé : une nounou qui prierait pour moi, des parents qui m'enverraient au temple, un premier mari qui l'aurait rencontré, des épreuves qui m'ébranleraient et m'amèneraient à crier à lui, des bonheurs qui feraient sortir la louange de ma bouche... Il a transformé le mal en bien et là où le péché avait abondé, sa grâce a surabondé.

 

Aujourd'hui, mon frère, mon neveu, mes fils aînés, ma fille Amandine sont convertis et ont choisi ses chemins. Je le loue infiniment pour la vie restaurée qu'il m'a offerte, le soin qu'il prend de ma famille, l'église et les frères et sœurs qu'il m'a donnés.

 

Jésus est l'agneau de Dieu qui ôte le péché du monde et il nous dit à chacun :

 

« … je ne te condamne pas non plus, va et ne pèche plus »

 

 

Isabelle

Ichtus (2)