LE CHEMIN DE VERITE

 

 

Dieu a travaillé mon cœur pendant très longtemps sans que je m'en rende compte.

 

De confession catholique, tradition familiale au Portugal, ma terre natale, comme tout le monde bien sûr, j'ai suivi ce parcours traditionnel avec tout ce qu'il comporte comme sacrements, protocole, cérémonies, etc....

 

Mais plus le temps passait et moins je me sentais à ma place dans cette église. Je n'étais pas convaincue du bien fondé de beaucoup de choses et je me posais de plus en plus de questions. Mais bien sûr, comme chacun, j'allumais des bougies, priais des images, mettais des fleurs aux statues...

 

Un jour, je me suis dit que tout cela ne rimait à rien. Prier des statues, des images, leur vouer un culte. .. Mon cœur me disait que c'était plutôt la croix qui devait recevoir mes prières et tout honneur car c'est Jésus, et lui seul, qui avait souffert pour moi et avait donné sa vie pour me racheter.

 

Alors je me suis mise à allumer mes bougies au pied de la croix, à déposer mes fleurs au pied de la croix. Sans m'en douter encore, je « venais à la croix ». Mais cela ne « se fait pas » d'honorer ainsi la croix et un jour, la personne qui s'occupait de l'église m'a fait la remarque qu'il fallait mettre mon bouquet devant l'autel. C'était, de plus, un très beau bouquet que j'avais amené ce jour là donc il faut comprendre que pour elle, il serait mieux à cette place qu'au pied de la croix !. J'étais très contrariée et ne voulais pas l'écouter. Alors elle m'a promis qu'après la messe elle remettrait mon bouquet sous la croix. Méfiante, je suis revenue à l'église et j'ai constaté qu'elle avait tenu parole.

 

Il y avait un chant que je fredonnais souvent et qui disait « pardonne-moi Seigneur, nous sommes tous tes enfants... » et qui me touchait énormément. Et je lui demandais pardon car je ne me sentais pas bien dans mon église, je sentais que ce n'était pas comme cela que l'on devait vivre sa foi. J'ai crié à lui et lui ai dit : « Seigneur, si tu ne me veux pas dans cette église fais m'en sortir !. Je veux te suivre ». Puis, je ne me suis plus souciée de cette prière.

 

La réponse que j'attendais au fond de moi est arrivée un jour où je m'étais rendue à l'église. Je me suis retrouvée aux pieds d'une vierge à l'enfant et l'ai regardée d'un peu haut. Je m'entends encore lui dire, tout d'un coup : « Mais qu'est-ce que tu fais là, « pierre » ! tu n'est pas à ta place ! ». Horrifiée, J'ai tout de suite demandé pardon à Dieu pour ce que je venais de dire. Et je l'ai entendu me répondre : « Mais tu as raison, c'est de la pierre, ce n'est que de la pierre» .

 

A partir de cet instant, je n'ai plus jamais été la même. J'ai continué à aller à la messe mais je ne regardais plus ni images ni statues et je ne souscrivais plus du tout à tous ces cérémonials et divers cultes. J'avais aussi au fond de moi la conviction que Dieu, peu à peu, guiderait mes pas vers ce qu'il attendait de moi et m'amènerait vers le lieu où il souhaitait que je sois.

 

Je ne me trompais pas car il a agi et frappé à la porte de mon cœur lors de la conversion d'Adelino, mon époux. J'ai en effet partagé avec mon mari toutes les étapes du chemin qui l'ont finalement conduit, après tant d'années, à accepter notre Seigneur et à s'engager pleinement à son service. J'ai toujours bien aimé mon beau-frère Adrien, respectant sa religion, lui permettant de faire la prière (à sa façon) chez nous quand il y était de passage. Sans m'en douter, le Seigneur me parlait et essayait déjà de toucher mon cœur, à travers lui. Adrien a été son disciple auprès de nous pour nous ramener à lui.

 

 Le jour où Adelino a donné son cœur à Jésus, j'étais là, à ses côtés, mais je n'ai pu franchir le pas et faire de même. Cependant, quinze jours après, c'est en toute joie et conscience que j'ai pu le faire.

 

Depuis ce jour, j'ai reçu beaucoup de bénédictions du Seigneur et Dieu exauce mes prières.

 

Je me souviens d'un jour où, lors d'une réunion de prières, quelqu'un a posé la main sur moi et j'ai ressenti une immense chaleur de la tête aux pieds. Je me suis mise alors à prier et à prier... J'ai la sensation et la certitude que ce n'était pas moi qui parlait. Je crois fermement que Saint-Esprit était en moi.

 

Preciosa Pereira

Ichtus (2)