LA PATIENCE DE DIEU

 

 

Je suis arrivé en France en 1963, à l'âge de 18 ans. J'ai eu de la chance, car mon frère Adrien, mon aîné de 6 ans, est venu avec moi. Il m'a servi de père, m'a protégé parce que j'étais faible et ignorant et je l'ai toujours écouté.

 

Nous avons vécu et travaillé ensemble pendant 4 ans. Puis, je me suis marié et nos chemins se sont séparés, lui vivant en corse et moi à Paris. Nous n'avons pas eu de contacts pendant longtemps, le téléphone n'étant pas, à l'époque, ce qu'il est aujourd'hui.

 

Une quinzaine d'années plus tard, il m'a rendu visite à Paris. Ce fut une immense joie de se retrouver, et il m'a parlé de ce que Jésus pouvait faire dans notre vie. Il m'a demandé de l'emmener à l'église de la Porte de Saint-Ouen ; c'était la première fois que je franchissais le seuil d'une «  Assemblée de Dieu », mais cela ne m'a aucunement marqué, et n'a rien déclenché en moi.

 

Lors d'une visite que je lui ai rendu en Corse, il m'a parlé de la Foi et de Jésus et m'a amené à l'église avec lui. Mais je ne croyais en rien ! J'ai seulement voulu lui faire plaisir en l'accompagnant.

 

Vers l'âge de 55 ans, je suis allé à nouveau le voir et ai eu l'occasion de l'accompagner au culte. J'ignorais même ce que signifiait le mot « culte » ! C'était donc la troisième fois que le Seigneur frappait à la porte de mon cœur sans même que je m'en doute.

 

Puis un jour, nous étions en vacances au Portugal, je l'ai vu retaper une vieille maison et il m'a dit que c'était pour servir d'église dans notre village. Je ne lui ai pas donné mon avis, mais aux autres personnes qui étaient présentes à l'extérieur j'ai dit qu'il était devenu fou. Nous sommes cependant toujours restés en bons termes et je l'ai toujours aimé.

 

Il est vrai que nous nous retrouvions souvent en vacances, et qu'il ne me contrariait jamais. On me disait qu'il avait changé de religion ainsi que mes deux sœurs et mon autre frère. Et moi, par fierté et orgueil, je répondais que je ne changerai jamais ! C'était mal connaître la patience de Dieu !

 

En 2005, l'année de mes 60 ans, encore une fois en période de vacances au Portugal, nous étions enchantés de nous revoir. A table, devant un café, il m'a regardé dans les yeux et m'a dit : « Adelino, mon frère, tu sais que je t'aime... et Jésus t'aime aussi. J'aimerais que tu viennes dimanche à l'église car il y aura le pasteur et un évangéliste. Je te laisse cette invitation. Je respecterai ta décision et quelque soit ton choix, nous resterons amis ». Je n'ai rien répondu et suis passé à autre chose.

 

Mon épouse , Preciosa, et moi, n'avons pas reparlé de cela jusqu'au samedi soir. Au souper, je lui ai dit : « Demain matin, je t'amène à l'église catholique (comme c'était la coutume) , si tu le veux, mais moi je vais à l'église de mon frère ». A cela, elle m'a répondu qu'à l'instant même où mon frère nous avait invités, son intention avait été de m'accompagner. Je suis resté tout étonné que nous ayons eu la même idée sans nous concerter. Comme Dieu fait bien les choses !

 

Nous sommes donc allés ensemble au culte et j'ai été émerveillé  par la louange, les prières. Au moment de la prédication, l'orateur parlait de Jésus et de l'évangile, de la parole de Dieu, et avec une telle autorité de conviction ! Il disait que Jésus était là pour nous laver de tout péché.

 

J'étais en proie à une grande émotion quand il a fait l'invitation à lever la main, pour ceux qui souhaitaient être délivrés du poids de leurs péchés et être pardonnés par Jésus. J'ai levé la main, il m'a invité à venir près de lui. Il allait prier pour moi. Le pasteur et mon frère Adrien ont également été appelés afin d' imposer les mains sur moi. J'ai tremblé et pleuré et j'ai ressenti la délivrance du poids de mes péchés. Jésus s'est chargé de moi. Gloire à Dieu. En ce beau jour, j'ai vu l'Amour de Dieu dans tous les frères et sœurs de cette église, et Jésus m'as transformé à partir de cet instant.

 

Avec le recul je ne peux m'empêcher de penser à la persévérance de sa patience envers moi. Il a frappé à la porte de mon cœur tant de fois par l'intermédiaire de la voix de mon frère Adrien pendant de si longues années... Pardonnes moi Seigneur de t'avoir fermé la porte de mon cœur aussi longtemps.

 

Gloire à Dieu

 

Amen

 Adelino Pereira

Ichtus (2)