POUR LUI, JE SEME… ET SEMERAI !

 

Je suis née à Kourou, en Guyane, dans une famille catholique, pas très pratiquante comme on l’entend, à l’exception de ma grand-mère.

 En ce qui concerne ma Maman, à cette époque là, elle n’aimait aller à l’église pour prier que lorsque celle-ci était vide, car elle ne supportait pas l’hypocrisie des gens qui se disaient « plus chrétiens que chrétiens » mais n’en n’avaient pas vraiment l’attitude. On allait à la messe que pour les grandes fêtes.

 Arrivée au CP j’ai commencé le caté, on était donc « obligés » d’aller à la messe régulièrement puisqu’il y avait la préparation à la communion etc. Yann s’occupait de l’aumônerie (qui correspond un peu au groupe de jeunes même si cela n’a rien à voir). J’allais avec lui pour participer aux activités.

 On a commencé à s’impliquer à la basilique en faisant partie de la chorale de la messe des familles.

J’ai ensuite fait ma première communion sans trop savoir pourquoi. Je croyais en moi-même que Dieu existait mais je ne pensais pas qu’il puisse être possible d’avoir un lien direct avec lui. Pour moi ce n’était réservé qu’aux prêtres. C’était en tout cas ce que je comprenais vu le déroulement de la messe.

 Puis, nous sommes partis en vacances en Espagne et avons passé quelques jours chez mon tonton Manuel qui est pasteur. Je me souviens avoir entendu yann et maman discuter avec mon tonton à propos de Dieu mais je ne me rappelle plus les détails, si ce n’est qu’à chacune de leurs questions il les a renvoyés à des versets de la bible pour les réponses et que cela a tout changé pour eux.

 Le lendemain nous sommes allés assister au culte de l’église évangélique de Tonton. J’ai été surprise par l’accueil si chaleureux que l’on nous a fait. C’était mieux que dans notre propre famille. Lorsqu’on s’est avancé j’ai remarqué qu’ils avaient batterie, guitare électrique… plein d’instruments, gros changement pour moi ! Le culte s’est déroulé, les chants étaient entraînants et joyeux. A la fin, mon tonton a fait un appel en demandant à ceux qui souhaitaient que Jésus fasse partie de leur vie et vienne habiter dans leur cœur, s’approchent, de ne pas avoir honte.

 Maman et Yann y sont allés et je les ai suivis. Maman a beaucoup pleuré dans les bras de tonton. Puis nous sommes rentrés à St Max et le jour même je suis partie en voyage avec mon papa aux 4 coins de la France. Maman m’a appris, au téléphone, que yann et elle ne retourneraient plus à la basilique et qu’ils avaient contacté l’église protestante qui était a côté de la maison. Elle m’a dit qu’à mon retour, j’irai avec eux un dimanche pour voir et décider de ce que je ferai.

 Ce que j’ai fait quand je suis rentrée. Ce que j’ai ressenti était très positif et la façon dont se déroulait le culte m’a beaucoup plu (la preuve, je ne suis pas repartie). Dans cette église j’ai vraiment trouvé une famille, tout le monde m’a accueilli à bras et à cœur ouvert.

 J’ai ensuite fait la connaissance des pré-ados. Lorsqu’on était ensemble, on aurait dit 4 frères et sœurs, on s’entendait trop bien, c’était vraiment cool. J’ai appris beaucoup de choses avec eux et Christian.

 Au fur et à mesure yann et maman se sont investis dans l’église et je voyais le changement dans beaucoup de choses de notre vie.

 A l’école du dimanche j’ai appris de nombreuses choses grâce aux monitrices, comme le fait que l’on pouvait tous avoir un lien, une relation personnelle avec Dieu, et que ce n’était pas réservé qu’aux grandes personnes. J’ai alors commencé à prier chaque soir. Je parlais aussi beaucoup de mon église autour de moi (collège, activités, etc…).

 Chaque dimanche matin, j’étais remplie de joie à l’idée de pouvoir aller à l’église et retrouver ma vraie famille spirituelle.

 Puis j’ai assisté au baptême d’Étienne et j’ai remarqué que c’était SON choix et non celui de ses parents. Il avait choisi de suivre Jésus, comme je le fais aujourd’hui.

 L’été 2014 mes parents se sont mariés et ont demandé le baptême. Ces deux événements se sont déroulés de façon très différente que s’ils avaient eu lieu à la basilique. Amour et simplicité, aucun protocole.

 L’année d’après, nous avons, Nono et moi, intégré le Groupe des Jeunes. Les enseignements étaient très différents et intéressants. Un jour, Tito nous a expliqué comment il avait décidé de se faire baptiser. J’avais déjà été touchée, et l’idée du baptême m’avait effleurée mais je ne pensais pas être prête car c’est un engagement dont ont doit être sûr.

 Depuis toujours, j’écoute beaucoup, beaucoup, beaucoup de musique (quand on me punissait, c’était de musique, là ça faisait mouche).

 Et depuis qu’on est à l’église, j’écoute beaucoup de louange (parfois du matin au soir) et je m’aperçois que cela m’a rapproché de Dieu. C’est aussi pourquoi j’ai décidé un jour de me joindre au groupe de louange.

 L’été dernier, j’assiste au baptême de Déborah avec qui j’étais (je suis toujours bien sûr) proche. Nous avions déjà parlé de baptême ensemble. J’étais heureuse de la voir se faire baptiser. Nous chantons plusieurs chants qu’elle a choisi… très joyeux et toujours avec beaucoup d’amour et de ferveur pour Dieu (comme d’hab d’ailleurs).

 Arrive le chant « Sauve avec puissance », chant que j’aimais beaucoup mais sans plus. Maman qui était devant moi s’est retournée et m’a donné la main. A partir de ce moment là, plus possible de chanter, les larmes sont montées car j’ai compris d’un coup et très clairement le sens des paroles de ce chant. J’ai compris que notre Dieu nous sauve tous avec une puissance incomparable et que j’avais envie de le suivre et de poursuivre mon chemin de Foi avec lui.

 J’ai pris la décision de mon baptême à cet instant et l’ai annoncé à mes parents et aux frères et sœurs de l’église dans la foulée.

 Maman m’a dit qu’elle avait ressenti très fort ce que mon cœur vivait au moment de ce chant et qu’elle s’était un peu sentie comme poussée à me prendre la main et que c’est pour cela qu’elle l’a fait. Elle a ajouté qu’elle s’attendait même à ce que je saute dans la piscine avec Déborah…

 Depuis cette décision, ce n’a pas été tous les jours simples. Malgré mon jeune âge, je sens très bien que qu’il y a des moments où celui qu’on appelle l’ennemi reste quand même pas loin, veut m’empêcher de continuer sur la voie que j’ai choisie et me détourner de l’amour de Dieu. Mais Dieu m’a toujours aidé à relever tous les défis, et je crois en sa présence à mes côtés comme il l’a promis, et je crois qu’il tient toujours ses promesses.

 Je lui suis très reconnaissante pour ce qu’il fait dans ma vie chaque jour, pour la famille qu’il m’a donné et dont j’ai l’exemple de la foi au quotidien, pour chaque dimanche passé à l’église, pour Natha et pour toutes les discussions que je peux avoir autour de moi, et même pour ceux qui ne croient pas en lui mais ne me rejettent pas et m’écoutent.

 Pour lui, je sème, et je décide aujourd’hui de continuer à semer.

 Laurine R.G

Ichtus (2)