PavP00009-Moi qui n'ai jamais su

MOI QUI N’AI JAMAIS SU…

 

Te souviens-tu du jour où tu passas la tête,

Sous ce coin de rideau d’un dortoir miséreux,

Du haut d’un grand sourire de tes seize ans en fête

Claironnant un « bonjour » et du rire dans les yeux ?

 

Mèche folle sur ton front, baskets, jean, un haut bleu,

Et ce visage penché à l’orée de mon antre

Puis du Destin le rire aux contours malicieux

Qui résonnait déjà avant même que tu n’entres !

 

Les entends-tu toujours ces oiseaux colorés

Qui réveillaient nos jours de chants en tourbillons ?

Et ces trésors de Nous, sous nos vieux lits, cachés ?

Nos persiennes levées, nos rêves à l’horizon ?

 

Te restes-t-il le goût de ces petits plaisirs

Aux parfums de gâteaux et de citron pressé,

Que nous volions au temps des mercredis à rires,

Loin de ces dames en blanc, voleuses de liberté ?

 

Revois-tu, tout comme moi, quand parle l’abondance

Et que nos enfants rois à grands airs de dégoût

Trouvant que rien n’est bon, nous mettent en défaillance…

Ces fous airs de chandelle au fond de leurs ragoûts ?

 

Bien loin de nous pourtant, cette folle adolescence,

Mais quand je te regarde, sur ce chemin ardu,

Je ne vois que ton cœur qui parle en souvenance,

Et je me tais encore… moi qui n’ai jamais su,

 

Tout te dire par des mots… que des cris en silence…

Et je me tais encore… alors que le temps passe…

Que par-delà nos jours et mes chemins d’errance,

Je te sais près de moi, alors… rien ne s’efface…

 

Bien loin de nous pourtant, cette belle adolescence…

Je ne vois que ton cœur qui parle en souvenance,

De nos deux vies en fleurs, de mes chemins d’errance…

Rien te dire par des mots… que des roses en silence…

 

 

Patsy - 27 Mai 2006

 

 

Foyer La Providence - Cayenne - Guyane française